Ian (5 ans) : Papa, tiens, une pièce de 1 peso pour toi.
Moi : Merci Ian, elle me servira pour le parcmètre.
Ian : Oui. Et si tu dois payer cent pesos, bah tu donnes cette pièce et deux de zéro, ça fait cent.
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« Les enfants sont merveilleux… » Une larme de gratitude glissa sur la joue fripée de Tante Rose. Comment n’aurait-elle pas été émue en effet par cette marque d’amour de la part de son petit-neveu, touchant petit bout de chou de deux ans et demi, soudainement si câlinou qu’il s’était jeté à son cou sans raison apparente et s’était blotti contre son épaule quelques instants, avant de repartir vers ses jeux, souriant, comme ragaillardi par cette effusion de tendresse.
Ce n’est que plus tard qu’elle découvrit le véritable motif de cet élan prétendument spontané. En l’espèce, une longue trace de morve sur son gilet à fleurs.
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– Papa, ça veut dire quoi, « I don’t know » ?
– Je ne sais pas.
– Et maman, elle sait ?
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Notre argument semblait bien avoir convaincu l’enfant, nous allions pouvoir dîner en paix. Mais au dernier moment il se ravisa et reposa sa fourchette. Il exigeait des preuves.
Or, non, nous n’avions pas d’images de Buzz Lightyear dégustant des épinards à la crème.
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On n’imagine pas non plus la justesse d’expression dont est capable un enfant quand il s’agit de décrire des émotions, notamment des émotions musicales.
Ian (5 ans) écoutant un disque en voiture : « Vincent Delerm, quand il chante on dirait qu’il est content… (il réfléchit)… C’est que, sa voix, on dirait qu’elle fait un sourire en chantant. »
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On n’imagine pas à quel point ce qui nous paraît être une part négligeable et facultative dans l’héritage culturel de l’humanité peut laisser une trace indélébile dans l’esprit d’un enfant, au point de constituer pour lui une référence fondamentale, le socle sur lequel s’érigera sa façon propre de voir le monde, l’expérience initiale et fondatrice à partir de laquelle tout sera évalué et jugé.
Ian (5 ans) : « La nouvelle maîtresse elle a la même coiffure que Joe Dassin. »
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Conversation en voiture avec Santiago (2 ans et demi)
Santiago : Papa…
Moi : Oui, Santiago, qu’est-ce qu’il y a ?
Santiago : Je sais pas.
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L’enfant qui se promène en ville vêtu d’un costume d’Iron Man est d’autant moins sujet à la honte que ledit costume comprend un masque couvrant l’intégralité du visage.
Ainsi rendu invulnérable, il est susceptible de pousser le réalisme jusqu’à courir les poings en avant tout en émettant le sifflement caractéristique des réacteurs du héros poussés à Mach 25.
Pourtant, malgré tous ses efforts, l’enfant n’arrive pas à la cheville du père. Bienveillant, ce dernier le console : « Allons, mon fils, un jour, je t’achèterai un costume de chef de bureau. Ce jour-là, tu sauras ce qu’est le ridicule, le vrai, et comme il tue très lentement. »
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Il n’a échappé à personne que ce blog est tombé dans la plus drastique inactivité depuis le mercredi 4 juin. Point de marasme cependant, bien au contraire ! Car cette interruption volontaire de blog est due à la naissance de Leonardo Louis, le bébé aux deux L.
Rassurez-vous, cette pause est temporaire ; ce blog sera de nouveau actif dans une quinzaine d’années.
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Presque autant que l’ouïe et la vue, le sens de l’odorat était essentiel pour survivre à l’ère préhistorique. Humer le vent qui annonce l’orage, renifler la piste d’une proie ou bien détecter à temps l’odeur d’un prédateur à l’affût… Un homme sans odorat était un homme mort.
Mais, me demande-t-on, l’homme moderne a-t-il vraiment besoin de l’odorat ? Ce sens autrefois vital n’est-il pas tombé dans le registre le plus superflu depuis qu’il n’est qu’un prétexte pour qu’une hôtesse en mini-jupe nous plaque un morceau de carton sous le nez chaque fois que nous passons par le rayon parfumerie d’un centre commercial ?
Je réponds qu’on aurait tort de sous-estimer l’odorat. Car s’il n’est plus chasseur préhistorique, l’homme moderne est devenu père de famille attentif. Or, quelle est cette trace marron laissée sur le canapé par le petit dernier après le goûter ? Est-ce du Nutella ? Devra-t-on goûter pour s’en assurer ? Encore une fois, l’odorat nous sauve la vie.