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Presque autant que l’ouïe et la vue, le sens de l’odorat était essentiel pour survivre à l’ère préhistorique. Humer le vent qui annonce l’orage, renifler la piste d’une proie ou bien détecter à temps l’odeur d’un prédateur à l’affût… Un homme sans odorat était un homme mort.

Mais, me demande-t-on, l’homme moderne a-t-il vraiment besoin de l’odorat ? Ce sens autrefois vital n’est-il pas tombé dans le registre le plus superflu depuis qu’il n’est qu’un prétexte pour qu’une hôtesse en mini-jupe nous plaque un morceau de carton sous le nez chaque fois que nous passons par le rayon parfumerie d’un centre commercial ?

Je réponds qu’on aurait tort de sous-estimer l’odorat. Car s’il n’est plus chasseur préhistorique, l’homme moderne est devenu père de famille attentif. Or, quelle est cette trace marron laissée sur le canapé par le petit dernier après le goûter ? Est-ce du Nutella ? Devra-t-on goûter pour s’en assurer ? Encore une fois, l’odorat nous sauve la vie.