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Pour caresser vos seins nacrés
Que ne ferais-je pas ma mie
Tuer un dragon une fourmi
Me transformer en nain sacré

Hélas ami je vous le dis
Cela ne peut me contenter
Moi je veux de l’oseille du blé
Et vous n’avez pas un radis

Il fallait me le dire plus tôt
Je suis agriculteur mon cœur
J’ai tout pour faire votre bonheur
Oseille blé maïs artichaut

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Si je me souviens bien, c’est le 20 janvier que j’ai voulu inscrire dans ce blog une citation de José Emilio Pacheco. Puis j’ai changé d’avis : un blog n’est pas un recueil de citations. Croyez-moi si vous voulez, José Emilio Pacheco est mort dimanche, le 26 janvier. Du coup, je reprends la citation:

Extraño mundo el nuestro : cada día
le interesan cada vez más los poetas ;
la poesía cada vez menos.

Moralité :
Surveillez ce blog
si vous y trouvez une citation vôtre
c’est que vous êtes mort.

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Merveilleux enfants. À quatre ans, ils confirment ce que l’on soupçonnait lorsqu’ils en avaient seulement deux, à savoir qu’ils n’ont hérité d’aucun des défauts qui nous affligent (et qui nous confèrent ce charme unique qui tant plaît à notre épouse pour peu que la patience et la compassion comptent parmi ses qualités) mais que la créativité génétique et le hasard des acquis les ont dotés de défauts inédits dans la famille, les armant par la même occasion d’une irréductible altérité.

Et l’on nous prend une fois de plus à aimer quelqu’un pour ce qu’il est, un incompréhensible miracle qui, loin de nous tolérer ou de nous respecter, nous pousse hors de nos retranchements les plus poussiéreux.

On ne s’habitue pas à l’amour.