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Tapi sous le tapis le vieux tapir
Espérait bien échapper au vampire
Qui rôdait dans l’immense et noir manoir
À la recherche de sang frais à boire

Comme cachette on n’a jamais vu pire
Dit le vampire en éclatant de rire
Pauvre tapir tapi sous le tapis
Persan mon regard est perçant tant pis
Pour toi je vais te vider de ton sang
Bien frais bien chaud et très bientôt giclant

Halte-là tu te trompes mon ami
Je suis vieux et mon sang caillé aigri
Je ne me cache pas sous le tapis
J’aspire de ma trompe croûte et mie
De pain cachées là par la jeune femme
Préposée au ménage tâche infâme
Pour une demoiselle si jolie
Et prompte au lit à faire des folies

Vieux dégoûtant ta trompe se raidit
Vicieux suppôt du démon de midi
Pour un vieillard je te trouve bien vert
Et peu s’en faut que je dise pervers
Mais c’est d’accord j’irai voir la coquine
Pas pour son cul pour son hémoglobine
En attendant viens je t’invite un verre
Au cabaret en bas de la montagne
Sait-tu qu’on y sert un très bon champagne
Et qu’on y voit en hiver un pivert
Un singe et même une fée bien foutue
Furtive aux seins nus vêtue d’un tutu

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L’enfant progressait vite dans cet apprentissage délicat. Déjà, il s’asseyait sur son pot dès qu’il en sentait le besoin.

C’était une première étape.

Bientôt il apprendrait à baisser son pantalon.

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C’était un soir d’hiver
Au pied de la montagne
Un singe et un pivert
Dépensaient leur épargne
Au cabaret

Quand soudain apparut
Une fée affolée
Elle était décoiffée
Et portait un tutu
Au cabaret

Puis elle disparut
Plus vite qu’un éclair
Comme elle était venue
Sans même prendre un verre
Au cabaret

Elle était bien foutue
Commenta le pivert
Elle avait les seins nus
Soupira son compère
Au cabaret

Il se passe des choses
Un singe pensez-vous
Et un pivert aussi
Une fée aux seins nus
Tout ça un soir d’hiver
Quelque part

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Il restait bien quelques curés de campagne mais leur chair était coriace et ils dégageaient une odeur très forte. Même affamés, les bouffe-curés s’en détournaient et préféraient se rabattre sur les Témoins de Jéhovah, proies faciles. Mais, pauvre en protéines, ce régime ne convenait pas aux mâles en âge de se reproduire et menaçait l’espèce de dégénérescence.

Les associations de protection de l’environnement  organisèrent alors des lâchers de curés sud-américains. Riche en cocaïne, cette nourriture donnait un surcroît d’énergie aux bouffe-curés à l’approche de la période de rut. On espérait ainsi favoriser l’appariement et la copulation avec les bouffe-nones.

On peinait cependant à trouver des enfants de chœur pour nourrir les bouffe-curetons.

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« Cher(s) parent(s),

Comme indiqué dans le calendrier qui vous a été remis en début d’année scolaire lors de la présentation du projet pédagogique des classes de Grande section pour l’année 2014-2015, c’est au tour de votre fils/fille de s’occuper du dindon Popol. Afin que le séjour de Popol à votre domicile se déroule le mieux possible, merci de respecter les quelques règles indiquées ci-dessous :

– Nourrir Popol deux fois par jour, exclusivement avec les graines prévues à cet effet (boîte dans le cartable de votre fils/fille).
– Ne jamais baigner Popol.
– Si Popol se met à courir dans tous les sens en gloussant, rester calme et ne rien faire. Il reviendra à son état normal tout seul.
– Quand vous sortez, n’oubliez pas de tenir Popol en laisse.

Nous vous rappelons que cette activité s’inscrit dans le cadre du projet croisé « vivre la ville / connaître la campagne ». L’objectif est double : faire connaître à nos enfants citadins ce qu’est un animal de la campagne mais aussi partir à la découverte de leur propre ville. Aussi, nous vous demandons de faire visiter la ville à Popol et de le prendre en photo dans des endroits aisément identifiables tels que musée, parc, monument aux morts, cathédrale, station de métro ou de bus etc. Votre fils/fille commentera les photos devant ses camarades de classe, ce qui constituera un excellent exercice d’expression orale en public.

Cordialement,

La Direction des Maternelles »

Un post scriptum rédigé à la main précisait que : « Dans votre cas, puisque les vacances commencent demain, vous aurez la chance d’accueillir Popol durant deux semaines. »