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Longtemps, je me suis couché vers huit heures (du soir). Ma mère, qui s’appelait Madeleine, me lisait une histoire puis éteignait la lumière. Le matin, je me levais dès cinq heures. Bref, pas de temps perdu.

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2

C’est l’hiver moscovite
Un froid sans état d’âme sans pitié
Tu n’as pas d’âme pas d’âme pas d’âme dit-il
Ton corps voilà la vérité
C’est vrai j’ai froid je souffre et j’oublie tout le reste
J’oublie que le temps passe et ma vie avec
Mais j’ai vécu bien vécu dans mon bureau quelle bonne idée
J’ai froid et je délire
Loi du corps la douleur

C’est Plotin qui invite
La vodka le caviar la vodka
Nous buvons à la vie de bureau Rimbaud rit
Vivre assis c’est déjà ça
C’est pas mourir debout certes mais pas vivre à genoux non plus dis-je
Vivre assis Rimbaud rit

Aucune nouvelle de Jerry Cornelius
Demain nous irons au KGB

Nous y voilà suivis de sbires évidemment
Pessoa et moi passons munis de nos cartes d’employés de bureau
Calaferte est refoulé
Youri nous reçoit bienvenus chez moi en écartant les bras
J’ai vu le Major Grubert nous dit-il mais Jerry Cornelius non
Nous sortons c’est la nuit

Qu’as-tu fait Calaferte
J’ai lu le blog d’Alain Juppé
Allons retrouver les copains j’ai faim

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Le Pape prit alors une décision courageuse qui stupéfia le monde et qui lui valut d’être accusé de trahison par les fractions intégristes de son propre camp. Il savait cependant qu’il pouvait compter sur le soutien de la majeure partie des instances dirigeantes internationales. On vit jusqu’à la Présidente de la FIFA, Ségolène Royal, saluer « cette décision courageuse et exemplaire, qui illustre de façon éclatante les deux principes qui nous permettront de sauver notre planète : le principe de solidarité et celui de développement durable. Le Pape nous montre la voie. Et le monde du football le soutient dans son combat. »

Car c’était un véritable combat qu’avait mené Sa Sainteté pour imposer à ses cardinaux l’autorisation et l’encouragement au mariage et à la copulation pour les curés catholiques. Ces derniers n’étaient certes autorisés à se marier qu’avec des nonnes et le coït hors mariage restait sévèrement condamné mais on savait qu’il serait très difficile d’exercer un contrôle strict. De même, on se doutait bien que certains feraient usage du préservatif, toujours interdit par le Pape.

Malgré ces menaces qui pouvaient mettre en péril l’intégrité du programme de « reconquête catholique par la reproduction naturelle », la suite des événements donna raison au Pape. Au bout d’un an, les premiers résultats dépassaient largement les projections les plus optimistes. Certes, on constata des dérapages ici ou là. La Vendée, notamment, connut de nombreux cas de grossesses suspectes parmi les femmes de notables mais les curés se reproduisaient, c’était le principal. « L’Église catholique reprend du poil de la bite » titrait Libération.

Les gauchistes avaient beau jeu de moquer la politique du Pape. Aujourd’hui, on sait bien que c’est grâce à ce Pape visionnaire que fut sauvée l’espèce des bouffe-curés. N’oublions pas que, faute de curés, cette espèce était menacée d’extinction totale.

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« 300 000 mots ! » annonce la quatrième de couverture du dictionnaire… Trois cent mille mots, il y a de quoi être impressionné. N’empêche que les auteurs ont pris soin de numéroter les pages mais pas les mots. Nous voilà obligés de les croire sur parole.

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Rien de plus agaçant que ces gens qui se vautrent avec un plaisir aussi bruyant que désinhibé dans l’expression de ces défauts mêmes que l’on réprime en soi au prix d’une terrible frustration que seul le plaisir de snober ces ploucs pourrait compenser, tentative vouée à l’échec du fait même de leur manque total de conscience et d’éducation, ce qui ne fait que redoubler notre frustration et notre désarroi face à l’injustice qui semble gouverner ce monde de merde.

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Il faut reconnaître que les méthodes de l’Église catholique du seizième siècle étaient loin d’être orthodoxes. D’un autre côté, les manières de l’Église orthodoxe n’étaient pas très catholiques. Face à cette situation, certains se sont sentis obligés de protester.

Alors, Jésus, qui avait encore bu, s’adressa à Simon et lui dit : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église ». Gêné, le brave Simon acquiesça gentiment pour ne pas froisser son ami. La vérité est qu’il n’y comprenait rien. En effet, non seulement il s’appelait Simon et non pas Pierre, mais, en plus, il ne parlait pas un mot de français.

La dernière fois, ils s’étaient déplacés pour rien. Pas question de se faire avoir une fois de plus. Du coup, personne ne se présenta au deuxième enterrement de Lazare.