Il suffit de trois misérables coups de crayon pour prendre conscience de l’irrémédiable anthropocentrisme humain.
Catégorie : Penser
233
Il ne suffit pas d’arrêter de vivre pour être mort.
Il faut aussi arrêter de mourir.
225
Il y a une vie quotidienne, banale et routinière…
Seul l’éternel angoissé sait la vivre avec intensité.
209
Tu cherches ton chemin ?
Il est derrière toi, qui te pousse.
206
Je mourrai certainement avant de connaître précisément l’étendue de mon ignorance.
J’en ai une vague idée cependant. Si je fais abstraction des quelques brins de connaissance dont je dispose, et que l’on peut considérer comme statistiquement négligeables, l’étendue de mon ignorance doit ressembler, grosso modo, à l’infini.
Maintenant, si on veut avoir une idée du volume de mon ignorance, ça doit faire dans les… mmmhh… étendue infinie… donc le volume c’est infini x infini… comme ça, en calculant de tête… ça fait un paquet, voire un tera-paquet.
Voilà, on progresse, on a déjà l’étendue et le volume. Reste plus qu’à déterminer la nature de l’ignorance.
Ça, je sais pas.
181
Lorsque la sirène d’évacuation retentit dans l’immeuble, Monsieur Albert se trouvait en position assise dans les toilettes mises à la disposition des employés de la compagnie pour laquelle il travaillait depuis bientôt dix ans avec tout le sérieux qu’on lui connaissait. Doté d’excellents réflexes, Monsieur Albert parvint à quitter l’édifice en même temps que ses collègues. Sur le trottoir où les employés attendaient les instructions en se demandant s’il s’agissait d’une authentique alerte à la bombe ou d’un énième exercice, Monsieur Albert ne laissa pas paraître son trouble. Pourtant, une question le taraudait.
Quand l’alarme avait sonné, les impulsions nerveuses émises par l’ère motrice de son cortex cérébral avaient communiqué en une fraction de seconde les ordres adéquats à l’ensemble des muscles concernés et ceux-ci avaient réagi à merveille, faisant preuve d’une célérité et d’une coordination impressionnantes. C’était la beauté du réflexe conditionné. Certes. Mais la question demeurait entière : avait-il remonté son pantalon pour courir plus vite ou bien plutôt par pudeur ?
165
Que manque-t-il au regard de l´homme pour que la femme cesse enfin de se soumettre à celui du miroir ?
164
La morale est une farce à double tranchant.
La prudence commande de n’en rire que dans les lieux prévus à cet effet.
161
Faire confiance à son lecteur, c’est le flatter.
Donc lui faire plaisir.
Partie gagnée.
147
Et puis un beau jour, soudainement, au milieu du spectacle, dans un accès de folie ou peut-être parce qu’il était las de faire rire en usant de sa cruelle lucidité sans espoir, le clown ôta son nez rouge.
D’abord décontenancé, puis choqué, enfin scandalisé, le public le dénonça aux Autorités.
Le clown fut condamné à mort.
