435

De l’avis général, Monsieur Robert portait la poisse à quiconque croisait son chemin.

Aussi, nombreux furent ceux qui poussèrent un discret mais sincère soupir de soulagement lorsqu’il se suicida. Le poids-lourd sous lequel il s’était jeté avait beau rouler à la vitesse règlementaire,  Monsieur Robert était mort sur le coup.

Il y avait pas de témoin et Monsieur Robert avait omis de rédiger une lettre expliquant son geste. Innocent mais sous le choc, le conducteur du camion fut incapable de se défendre et passa trois ans en prison pour homicide involontaire, à la suite desquels, sa femme l’ayant quitté et ses enfants renié, il sombra dans la dépression.

Poisse, donc.

434

Paris décidément est trop petit. On ne peut espérer s’y noyer impunément ; il y a toujours un policier qui arrive, avec sa cape et sa matraque, et qui dit : « Alors, mon gaillard ! »… Ce genre de choses.

Je préfère le dessert.

La solitude du dessert.

428

« Fou », « Hargneux », « Dangereux », « Déséquilibré mental », « Haineux »…

Tout cela est vrai. Mais vous êtes-vous déjà demandés ce qui se passe dans la tête d’un enfant que ses parents baptisent Donald ?

412

Son chien est mort de faim. Puis ses enfants. Puis sa femme. À la fin, il n’alimentait plus que son compte Facebook.

396

Aujourd’hui, ma réflexion portera sur l’escargot.

(…)

(…)

Attendez peu de fulgurances.

391

Or, non seulement Marie était vierge, mais aussi et surtout, elle lavait et repassait le linge, raccommodait les chaussettes (les hivers sont rudes en Galilée), faisait le ménage et les courses, préparait à manger, et emmenait les enfants à la synagogue et aux cours de natation. Et, à l’occasion, elle donnait un coup de main à la menuiserie. Sainte femme.

389

J’ai connu un type qui avait énormément de mal à écrire dans son blog les vendredis. Eh bien, malgré ce défaut majeur, malgré cette faiblesse impardonnable, c’était un sacré chic type. Vraiment.

387

Les scrupules, hérités de mon éducation judéo-chrétienne,  m’ont longtemps empêché d’utiliser les toilettes réservées aux handicapés dans les lieux publics.

Mais depuis que j’ai constaté à quel point elles sont spacieuses, propres et bien conçues, je n’hésite plus à m’y rendre, même quand les autres sont disponibles. J’entends bien, de temps à autres, des grognements d’impatience suffisamment explicites pour troubler ma lecture, mais, me dis-je, après tout, ces gens-là attendent assis.