320

Nous étions trois amis mais, par un triste sort, il n’y avait pas de vin.

Après l’entrée de crudités, on nous servit des côtelettes.

Bref, nous étions 320 en arrivant au porc.

 

319

La paix ne sera possible sur cette planète que le jour où chacun respectera la culture d’autrui, à commencer par les jours fériés.

Je donne l’exemple, et, en ce 19 mai, férié au Turkménistan, ce blog s’impose le silence.

 

318

or il ne suffit pas de faire revenir le vers à la ligne
il faut également s’assurer qu’il soit
1) frétillant
et 2) bien accroché à l’hameçon
ensuite, prendre une bonne inspiration,
et, avec un peu de chance,
la poésie mord

317

Wolfgang Von Vurst vieux
vicomte ivrogne et voyageur navigue à vue sur son voilier entre Vladivostok
et Vancouver
Wolfgang verre sur verre rêve ivre mort
souvenir vif Viviane servante apprivoisée à Rivoli un soir d’hiver
vive au lit en veux-tu en voilà lui disait lève ton vit vicieux vicomte
ah Viviane vulve enivrante vivante Vénus élan vital envol
ah Viviane Ève savante divine amante ouverte cœur lèvres vagin anus hélas
Viviane renvoyée virée vicomtesse en avait trop vu
ah vieille vache de vicomtesse Elvire Von Vurst vilaine viande de vipère
j’aurais mieux fait d’être
veuf
vitupère aviné Wolfgang vaincu invoque en vain Vénus Vishnou Saint-Valentin
Viviane Viviane Viviane
Viviane pas revenue jamais revue
vie vaine rêve envolé vie à vau-l’eau
verre sur verre noyer les souvenirs sans avenir
vicomte à la dérive lessivé révolu achevé voilier livré au vent mauvais
encore un verre vidé buvons le vin n’est jamais décevant
soudain le vent varie le navire vire
de bord violemment vlan avarie avérée voie d’eau chavire
et valse le vicomte à la mer avalé rêve inavoué d’Elvire

La voilà veuve et renaît à la vie la vénérable vicomtesse
Elvire Von Vurst avide louve inassouvie va visiter souvent l’évêque son voisin
ravi qui la confesse et virtuose vitement ravive sa ferveur

316

Il y a un bruit que les hommes et femmes politiques laissent courir : ils n’auraient aucun pouvoir, pieds et poings par la fameuse Finance.

Ce qui ne les empêche pas de vendre père et mère pour être élus ou nommés à un de ces non moins fameux postes sans pouvoir.

315

Et le docteur t’annonce que tu vas mourir. C’est une question de temps. Peu de temps, en vérité. Silence.

Tu restes sans voix, sans souffle ; tu es trahi. Le sol se dérobe sous tes pieds en même temps qu’on t’assène un coup de massue dans le dos. Le coup est rude. Tu ne t’y attendais pas : tu vas mourir.

Or, si tu possédais une certitude, une seule, c’était bien celle-là. Une information qui ne t’avait rien coûté, que tu avais reçue sans effort, sans attente, sans contrepartie, comme tout le monde, dès le plus jeune âge, et que rien ni personne ne pouvait remettre en cause. La seule et unique certitude qu’il te fut donné d’avoir dans ta vie. Ta vie bientôt finie.

314

8 mai. On célèbre la fin de la deuxième guerre mondiale. Faisons de cette commémoration un moment de réflexion.

Et d’abord, chassons les poncifs et les idées reçues. Tout un chacun de se demander comment un tel massacre a-t-il pu se produire, et cette question (qui brûle les lèvres) : POURQUOI ?

Or, quand on songe à la joie des populations apprenant que leurs dirigeants sont finalement tombés d’accord pour mettre un terme à ce carnage, quand on imagine l’allégresse non feinte de ces foules libérées, célébrant la paix et le bonheur enfin à portée de main, on se dit qu’il eût été dommage en effet de ne pas faire cet effort de guerre durant quelques années (et le temps passe si vite).

(sans compter les jours fériés dont bénéficient encore des générations n’ayant participé ni de près ni de loin au dit effort de guerre).