Il n’existe pas d’ennemi du Bien.
Quel est le combat des ennemis du Mal ?
Il n’existe pas d’ennemi du Bien.
Quel est le combat des ennemis du Mal ?
La morale est un trône pour le grand et un joug pour le petit.
À croire que l’humain l’a inventée pour ne pas avoir à se tenir debout.
Très nerveuse, n’en revenant toujours pas d’avoir été sélectionnée pour conduire en exclusivité l’unique entrevue accordée par le Prix Nobel de littérature, la jeune journaliste posa sa première question d’une voix fébrile :
« Pour vous, depuis les rivages de votre expérience de l’écriture, qu’est-ce que la vérité en poésie ? »
Le poète consacré leva les yeux vers le magnifique ciel d’octobre, inspira profondément, puis, se tournant vers elle, murmura : « la vérité en poésie, c’est que votre regard est plus vaste que le ciel. »
Car il espérait bien la sauter, la salope.
C’est peu après le jour où Monsieur Albert eût pris sa retraite de Compteur assermenté du nombre de chômeurs, qu’on se rendit compte qu’il n’y avait en réalité pas plus de 3000 demandeurs d’emplois dans le pays. Passé le premier moment de stupeur, le Président jubila et s’empressa de communiquer la nouvelle aux médias. Ce n’est qu’ensuite qu’on songea au calvaire qu’avait vécu le pauvre Monsieur Albert.
Entré dans la fonction publique au milieu des années 50, il avait connu un début de carrière difficile, avec un nombre de chômeurs très faible. Il comptait très lentement et avait mis au point diverses techniques de comptage, recomptage, recoupement de comptage et réinitialisation de comptage mais ce n’était pas suffisant : son poste semblait condamné à disparaître. C’est donc dès les années 70 qu’il se vit contraint de falsifier les comptes. Lui si honnête et qu’on louait pour sa rigueur et son exemplarité, jamais en retard, jamais malade, avait dû secrètement abjurer sa foi intime en la vérité des chiffres et glisser de fausses virgules et de faux zéros dans ses rapports trimestriels. Il le vécut si mal qu’il souffrit d’une première dépression nerveuse en 1981. Après un long congé maladie, il revint à son poste, serein et souriant car en son absence le travail s’était accumulé et il put prétendre qu’il allait lui falloir des mois pour rattraper le temps perdu. Mais ce répit fut de courte durée car il fallait falsifier encore et toujours plus. Monsieur Albert souffrait en silence, enlisé dans ses mensonges, et sa conscience le rongeait de l’intérieur ; si bien qu’il rechutait avant chaque élection présidentielle. Enfin, il arriva à l’âge de la retraite et put se libérer de son lourd fardeau. Certains affirment qu’il s’est retiré dans son Cantal natal, où il compterait les brins d’herbe en été et les flocons de neige en hiver. D’autres prétendent qu’il compte les grains de sel de la mer d’Aral.
On ignore encore comment un seul homme, sans charisme et sans malice, a pu aveugler un pays entier. On sait seulement qu’après son départ, des milliers d’experts économiques et de conseillers en politique de l’emploi se retrouvèrent au chômage.
La plupart des guerres civiles sont difficiles à comprendre pour le profane. Elles éclatent tout à coup, sans prévenir, et c’est un carnage. Aucune frontière n’a été violée, pas d’envahisseur, pas de pétrole, on n’y comprend rien. Quels sont les raisons et motifs de cette guerre ? Les experts se perdent en explications absconses.
Rien de compliqué pourtant. Le père de famille sait très bien ce qu’est une guerre fratricide. Un cri soudain (c’est le grand), un coup sourd (le petit anticipe), un autre coup (le grand riposte), une chute (les deux), bruit de verre brisé (la mère va intervenir), cris, pleurs (intimidation, négociations). On allume la télé, on met un DVD, tout rentre dans l’ordre.
Puis quelques jours plus tard on retrouve le camion de pompiers dans le panier à linge sale.
De celui qui, dans un élan de sincérité non prémédité livre sans masque sa vérité, on dit qu’il s’est trahi.
Inconséquence de l’enfant… À la question » pourquoi aimes-tu ce tableau ? « , il répond invariablement « parce qu’il est beau », alors qu’il ne connaît même pas l’auteur ! Il ignore si celui-ci est mort ou vivant, diplômé ou autodidacte, soudeur ou ambassadeur, fils de patron ou d’immigré, communiste ou catholique, juif ou antisémite, homme ou femme…
Pour caresser vos seins nacrés
Que ne ferais-je pas ma mie
Tuer un dragon une fourmi
Me transformer en nain sacré
Hélas ami je vous le dis
Cela ne peut me contenter
Moi je veux de l’oseille du blé
Et vous n’avez pas un radis
Il fallait me le dire plus tôt
Je suis agriculteur mon cœur
J’ai tout pour faire votre bonheur
Oseille blé maïs artichaut
La réalité ne me pose pas de problème, c’est le monde à quoi on la réduit qui m’ennuie.
Si je me souviens bien, c’est le 20 janvier que j’ai voulu inscrire dans ce blog une citation de José Emilio Pacheco. Puis j’ai changé d’avis : un blog n’est pas un recueil de citations. Croyez-moi si vous voulez, José Emilio Pacheco est mort dimanche, le 26 janvier. Du coup, je reprends la citation:
Extraño mundo el nuestro : cada día
le interesan cada vez más los poetas ;
la poesía cada vez menos.
Moralité :
Surveillez ce blog
si vous y trouvez une citation vôtre
c’est que vous êtes mort.