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Tapi sous le tapis le vieux tapir
Espérait bien échapper au vampire
Qui rôdait dans l’immense et noir manoir
À la recherche de sang frais à boire

Comme cachette on n’a jamais vu pire
Dit le vampire en éclatant de rire
Pauvre tapir tapi sous le tapis
Persan mon regard est perçant tant pis
Pour toi je vais te vider de ton sang
Bien frais bien chaud et très bientôt giclant

Halte-là tu te trompes mon ami
Je suis vieux et mon sang caillé aigri
Je ne me cache pas sous le tapis
J’aspire de ma trompe croûte et mie
De pain cachées là par la jeune femme
Préposée au ménage tâche infâme
Pour une demoiselle si jolie
Et prompte au lit à faire des folies

Vieux dégoûtant ta trompe se raidit
Vicieux suppôt du démon de midi
Pour un vieillard je te trouve bien vert
Et peu s’en faut que je dise pervers
Mais c’est d’accord j’irai voir la coquine
Pas pour son cul pour son hémoglobine
En attendant viens je t’invite un verre
Au cabaret en bas de la montagne
Sait-tu qu’on y sert un très bon champagne
Et qu’on y voit en hiver un pivert
Un singe et même une fée bien foutue
Furtive aux seins nus vêtue d’un tutu

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C’était un soir d’hiver
Au pied de la montagne
Un singe et un pivert
Dépensaient leur épargne
Au cabaret

Quand soudain apparut
Une fée affolée
Elle était décoiffée
Et portait un tutu
Au cabaret

Puis elle disparut
Plus vite qu’un éclair
Comme elle était venue
Sans même prendre un verre
Au cabaret

Elle était bien foutue
Commenta le pivert
Elle avait les seins nus
Soupira son compère
Au cabaret

Il se passe des choses
Un singe pensez-vous
Et un pivert aussi
Une fée aux seins nus
Tout ça un soir d’hiver
Quelque part

140

Mon pauvre cœur est ravagé
Mon pauvre cœur de boulangère
Tu quittes Nantes pour Angers
Ta femme pour une étrangère

Mon pauvre cœur est ravagé
Tu l’abandonnes dans l’ornière
Tu l’as siphonné vidangé
Tu fuis avec la poissonnière

Dis-moi donc ce qu’elle a de plus
Elle se prend pour une reine
Mais elle est loin d’être Vénus
Elle est juste froide et hautaine

Dis-moi donc ce qu’elle a de plus
Je doute qu’une telle hyène
Un jour à l’orgasme te mène
Que mieux que moi elle te suce

Mais j’entends sonner la sonnette
Certainement c’est le facteur
Il me chante sa chansonnette
Il voudrait conquérir mon cœur

Mais j’entends sonner la sonnette
C’est tous les jours à la même heure
Qu’il achète un croissant au beurre
Et moi je me sens guillerette

J’aime qu’il m’appelle ma biche
Et qu’il me chante haut et fort
Boulangère j’aime tes miches
Donne-les moi et tout ton corps

J’aime qu’il m’appelle ma biche
Ce beau facteur qui vient du Nord
Il est blond comme un lingot d’or
Mon Dieu voilà que je m’entiche

Mon cœur n’est plus si ravagé
Je sens qu’il revient à la vie
Il a envie de partager
Et mon corps est du même avis

Mon cœur n’est plus si ravagé
Le facteur me fait très envie
Je rêve déjà de son vit
Déjà j’oublie le boulanger

Ainsi termine la complainte
D’une femme libre et sans crainte
Elle était belle et très bien faite
Boulangère et femme poète

132

Et te voici, mois d’août !
Que nous réserves-tu ?
Ami que le temps tue…

La gloire et la fortune ?
La routine et l’ennui ?
Ou simplement la pluie…

Viens vers moi joli  mois
D’été viens je t’accueille !
Mais j’aperçois l’écueil …

Sacré bordel de nom de nom !
Comment se prononce ton nom ?
Mois d’out’ ou mois d’ahou ?
Mois d’ahout’ ou mois d’ou?