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Il faut bien le dire, l’être humain est le plus raffiné des mammifères. Les basses tâches l’intéressent peu, il préfère se surpasser pour les plus nobles idées : la justice sociale, le développement durable, le tourisme éthique, etc. (remarquez que c’était plus simple avant, on avait des idées qui tenaient en un mot : la patrie, l’honneur, la foi). En fait, il semble bien qu’aucune action ne soit digne d’être exécutée si elle n’est pas portée, vêtue, vernie et encensée pas un discours.

Les idées et les discours varient selon les époques et les latitudes mais ce qui compte, c’est qu’on n’en manque pas. On n’est pas des bêtes !

Ce doit être une condition du passage à l’âge adulte puisque les enfants s’en se passent aisément. Si je ne m’abuse, ma petite sœur n’évoqua à aucun moment la justice sociale lorsque mon père me fessa après qu’elle m’eût dénoncé ; elle se contenta de marmonner quelque chose comme « pauv’con, ça t’apprendra à casser ma poupée ». Alors qu’elle invoque maintenant la dignité humaine pour euthanasier nos vieux avant que l’héritage ne perde trop de valeur.

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Le blog a ceci de commun avec la poésie qu’il y a plus de blogueurs que de lecteurs de blogs. Donc écrire un blog, c’est être un peu poète.

Or la poésie c’est grosso modo le soleil couchant qui rougeoie sur l’océan, ou, pour ceux qui sont plutôt campagne, un chêne millénaire au milieu d’un champ de blé s’étendant à perte de vue sous un soleil d’or.

Alors, avec ça, comment voulez-vous que le blogueur soit adulé, admiré, ou simplement respecté ? Pour que l’image du blogueur monte un peu dans l’estime du peuple il faudrait un blogueur maudit, un suicidé, un aliéné, ou, minimum, un ivrogne.